« C’est certainement ANTI-trafic d’êtres humains »

Une partie des activités du projet de l’ACT sur la lutte contre la traite des êtres humains et la réduction de la vulnérabilité (CTVR) comprenait une formation de deux jours sur la lutte contre la traite des êtres humains. Nous avons demandé à l’une des nouvelles recrues de l’ACT, Elizabeth, de partager avec nous ses réflexions sur ce temps de formation que nous avons récemment vécu ensemble.

En mars dernier, l’ACT a organisé son tout premier atelier de sensibilisation à la traite des êtres humains. Nous avons accueilli des intervenants d’Égypte, notre équipe nationale s’est rassemblée et nous avons accueilli certains de nos partenaires (dont un groupe de l’association Femme de Tabarka, partenaires du projet CTVR) pour un temps d’apprentissage et de développement. Avec une bonne nourriture et notre sens d’humour sur notre travail sur la traite des êtres humains – attention, c’est bien de lutte contre la traite des êtres humains qu’il s’agit – nous avons passé une fin de semaine mémorable et éducative.

 

 

Toute plaisanterie à part, le commerce des êtres humains est l’un de ces sujets qui ne peuvent que prendre aux tripes quiconque le rencontre. Ce fléau existe à grande échelle, impliquant plus de 40 millions de trafiquants et générant un chiffre d’affaires d’environ 150 milliards de dollars par an. Sapant la dignité humaine et exploitant les populations vulnérables, la traite des êtres humains est une pratique difficile à affronter et souvent encore plus difficile à comprendre. C’est là qu’intervient Media Arts for Development (MADEV), notre ONG égyptienne invitée comme intervenante. Face à ce fléau, MEDEV utilise des productions médiatiques et des formations pour promouvoir des messages prônant la dignité humaine et créer un changement social positif en Égypte.

 

 

Ce fut un privilège de pouvoir apprendre de nos invités et de plonger dans le sujet de la traite des êtres humains en Tunisie comme en Égypte. Leur expertise et leur générosité ont été précieuses pour cette expérience d’apprentissage et de formation. Au cours des deux jours, nous avons examiné les codes juridiques, lu des études de cas et même participé à un jeu de rôles

Un aspect important de l’atelier était centré sur ce qu’est la traite des êtres humains et comment l’identifier. Les implications juridiques et les poursuites qui s’appliquent à la traite des êtres humains, diffèrent souvent de celles qui s’appliquent à la violence – par conséquent, identifier le crime est une étape cruciale. Nous avons été formés pour poser les trois questions suivantes :

  1. Quelle est l’ACTION (que se passe-t-il) ?
  2. Quels sont les MOYENS (comment cela se passe-t-il) ?
  3. Quel est l’OBJECTIF visé (pourquoi cela se passe-t-il / quel est l’objectif final) ?

Prenons par exemple le cas d’une fillette mariée en Égypte. Quelle est l’action ? Réponse : mariage. Quels sont les moyens ? Réponse : consentement parental, pots-de-vin ou menaces de violence. Quel est l’objectif ? Réponse : exploitation sexuelle. Grâce à de nombreuses discussions et études de cas semblables, nous avons appris que c’est souvent la troisième question qui permet de distinguer entre la traite des êtres humains et la violence.

 

C’était un des nombreux exercices que nous avons réalisés pendant notre atelier. L’objectif final était non seulement d’éduquer les participants et les partenaires sur les réalités et les aspects juridiques de la traite des êtres humains, mais aussi de nous fournir les lois et les ressources accessibles dans nos propres contextes et pays.

En définitive, les sentiments d’impuissance qui avaient pu caractériser nos premiers moments de prise de contact avec la traite des êtres humains se sont transformés en compétences réelles à la fin de notre atelier. Nous sommes reconnaissants envers les femmes qui ont osé monter la charge pour dénoncer et montrer du doigt (name and shame), et transformer la réalité de la traite des êtres humains en Afrique du Nord, et nous sommes honorés d’apprendre et de collaborer avec elles pour les prochaines étapes.

Un sujet important, traité lors d’ateliers habilement animés, avec un groupe de personnes engagées pour la justice, la dignité et l’espoir pour tous – notamment dans les situations de vulnérabilité de toutes sortes. Nous sommes reconnaissants aux équipiers de MADEV pour leur expertise et leur passion, et à celles et ceux qui ont participé à cet atelier et qui en ont fait une expérience si enrichissante. Nous nous réjouissons à la perspective de poursuivre notre apprentissage dans le cadre du travail plus large de l’ACT en Tunisie.