La veuve

Les personnes vulnérables sont celles qui vont souffrir le plus des effets dévastateurs de la pandémie du Covid 19 et rencontrer des difficultés plus grandes. Les pauvres. Les personnes en situation de handicap. Les chômeurs. Les veuves.

Georg, membre du personnel de l’ACT, nous raconte sa rencontre avec Latifah* : une histoire parmi tant d’autres qui illustrent comment l’ACT a cherché à apporter une réponse coordonnée à la crise.

Au début du mois d’avril, un ami m’avait contacté. Il avait entendu parler des efforts de secours d’urgence de l’ACT et de la distribution de colis alimentaires qui avait commencé parmi les familles nécessiteuses dans la région. Il m’a demandé comment nous choisissions les bénéficiaires, et m’a parlé de Latifah.

 

Latifah est veuve. Elle est aussi maman d’un fils de douze ans. Comme tant d’autres en Tunisie en ces temps difficiles, ils ont du mal à joindre les deux bouts.

 

Dans le Sud, l’ACT a utilisé des listes de distributions dressées par des partenaires locaux pour livrer les colis de secours d’urgence. Je ne reçois la liste qu’une fois les familles identifiées. Nous savions que, dans la mesure du possible, il nous fallait trouver un moyen pour aider Latifah.

 

À l’ACT nous apprécions le travail en commun avec nos partenaires, qui utilisent nos réseaux et coordonnent nos efforts de manière à nous aider à atteindre ceux qui en ont le plus grand besoin. Nos partenariats ont toujours eu une grande importance pour nous, et en ce temps-ci nous sommes tellement reconnaissants pour ces relations. Nous avons donc pu mettre Latifah en contact avec un partenaire local qui devait livrer les colis contenant des denrées alimentaires et des articles d’hygiène dans son quartier : un partenaire animé d’une passion pour aider les femmes vulnérables. Une solution parfaite.

 

Notre partenaire a appelé Latifah et a coordonné le dépôt de colis. Latifah et son fils allaient bientôt être en possession de denrées alimentaires qui devraient leur suffire pour plusieurs semaines.

 

Le jour de la livraison arrivé, les deux bénévoles de notre partenaire m’ont appelé pour demander s’ils pouvaient s’arrêter chez moi d’abord. Cela nous permettrait de régler quelques détails avant qu’ils ne poursuivent leur route. J’ai pensé que c’était une bonne idée et je leur ai envoyé mon adresse – comme nous sommes en confinement général, ils devaient venir dans ma rue (je ne pouvais pas les accueillir chez moi).

 

Nous nous sommes rendu compte que la veuve habitait à 100m de chez moi. Nous sommes voisins ! J’ai pu rencontrer les bénévoles, ainsi que Latifah et son fils.

 

Le lendemain, j’ai reçu un SMS de mon ami que Latifah avez appelé après notre rencontre. Elle pleurait au téléphone : elle avait été profondément touchée que quelqu’un veuille prendre soin d’elle. Quelqu’un qu’elle ne connaissait même pas lui avait donné à manger, le lui avait apporté jusqu’à sa maison, et l’avait traitée avec respect. Elle s’était sentie valorisée comme personne – et pas seulement comme l’objet d’une aumône.

 

Elle a dit que cette expérience l’avait vraiment touchée. Elle n’avait pas seulement été inscrite sur la liste et avait reçu de quoi manger, mais on lui avait témoigné un intérêt réel. Quelqu’un s’était vraiment soucié d’elle et de son fils.

Cette histoire peut paraître banale, mais pour Latifah, elle a été une expérience sortant de l’ordinaire. La souffrance au sein d’une crise mondiale avait été soulagée par l’action et la gentillesse. L’ACT est heureuse de prendre part aux opérations de secours dans toute la Tunisie, mais ce sont des histoires comme celle de Latifah qui nous honorent le plus.

* nom changé

L’ACT a pu donner de l’espoir à Latifah grâce à l’incroyable générosité de tant de personnes à travers le monde. Si vous souhaitez aider à ce travail, veuillez visiter ici pour plus d’informations.